Naviguer dans le système de santé français requiert une compréhension approfondie des mécanismes de remboursement mis en place par l’Assurance Maladie. Chaque année, des millions de Français bénéficient de soins médicaux dont le coût est partiellement ou totalement pris en charge par la Sécurité sociale. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache un système complexe de taux, de bases de remboursement et de nomenclatures qui déterminent précisément ce que vous récupérez financièrement après une consultation, un examen ou l’achat de médicaments. Comprendre ces rouages vous permet non seulement d’optimiser votre couverture santé, mais aussi d’anticiper votre reste à charge et de choisir judicieusement votre complémentaire santé. Cette maîtrise devient d’autant plus cruciale dans un contexte où les dépassements d’honoraires se multiplient et où les dépenses de santé constituent un poste budgétaire significatif pour les ménages français.
Le parcours de soins coordonnés et la base de remboursement de l’assurance maladie
Le système de remboursement français repose sur un principe fondamental : le parcours de soins coordonnés. Ce dispositif, instauré en 2004, structure l’accès aux soins autour d’un médecin traitant qui devient votre référent médical. Cette organisation n’est pas anodine : elle conditionne directement le niveau de prise en charge financière de vos consultations et actes médicaux. Lorsque vous respectez ce parcours en consultant d’abord votre médecin traitant avant de voir un spécialiste, vous bénéficiez d’un taux de remboursement optimal. À l’inverse, consulter directement un spécialiste sans passer par votre médecin référent entraîne des pénalités financières substantielles qui réduisent votre remboursement.
Le rôle du médecin traitant dans le taux de remboursement appliqué
Votre médecin traitant occupe une position stratégique dans votre prise en charge médicale. En 2025, le taux de remboursement standard pour une consultation dans le cadre du parcours de soins coordonnés s’établit à 65% de la base de remboursement, après déduction de la participation forfaitaire de 2 euros. Ce professionnel de santé centralise votre dossier médical, assure le suivi de vos pathologies chroniques et oriente vers les spécialistes appropriés lorsque nécessaire. Le choix de votre médecin traitant s’effectue librement : vous remplissez un formulaire de déclaration que le praticien signe, puis vous l’adressez à votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie. Cette démarche administrative simple engendre des conséquences financières considérables sur tous vos remboursements futurs.
Les exceptions au passage obligatoire par le médecin traitant existent néanmoins. Vous pouvez consulter directement certains spécialistes en accès direct sans pénalité financière : gynécologues, ophtalmologues pour le renouvellement de lunettes, psychiatres pour les patients de 16 à 25 ans, et stomatologue. Ces consultations bénéficient du taux de remboursement standard même sans orientation préalable. Les situations d’urgence, les consultations hors de votre lieu de résidence habituelle, ou encore le suivi par un médecin remplaçant constituent également des cas particuliers qui n’entraînent pas de majoration du ticket modérateur.
La notion de tarif de convention et de tarif de responsabilité</h
On distingue principalement deux notions : le tarif de convention et le tarif de responsabilité. Le tarif de convention correspond au prix de référence négocié entre l’Assurance Maladie et une catégorie de professionnels de santé (médecins, infirmiers, laboratoires, etc.). C’est sur cette base que la sécurité sociale calcule son remboursement, en appliquant un taux de 65 %, 70 %, 80 % ou 100 % selon le type de soin et votre situation. Que le médecin vous fasse payer plus cher ou non, le calcul de la prise en charge se fera toujours sur ce tarif conventionnel.
Le tarif de responsabilité, lui, est surtout utilisé pour les dispositifs médicaux (optique, dentaire, appareillages, etc.). Il s’agit d’un montant de référence souvent inférieur au prix réel pratiqué sur le marché. Par exemple, une monture de lunettes peut être facturée 150 €, mais la base de remboursement de la Sécurité sociale n’être que de 30 €. Le remboursement sera donc calculé sur ces 30 € et non sur la somme réellement payée. C’est précisément cet écart entre le tarif de responsabilité et le prix payé qui explique la nécessité d’une bonne complémentaire santé pour limiter votre reste à charge.
Le ticket modérateur : calcul et application selon les actes médicaux
Le ticket modérateur représente la part des dépenses de santé qui reste à votre charge après remboursement par la Sécurité sociale. Il se calcule très simplement : il s’agit de la différence entre la base de remboursement (BR) et la part effectivement versée par l’Assurance Maladie. Autrement dit, si la BR d’une consultation est de 30 € avec un taux de remboursement de 65 %, la Sécu vous versera 19,50 € (hors participation forfaitaire), et le ticket modérateur sera de 10,50 €. Cette somme peut ensuite être prise en charge totalement ou partiellement par votre mutuelle santé, selon le contrat souscrit.
Le pourcentage du ticket modérateur varie selon la catégorie de soins. Pour les consultations chez un médecin et les actes de biologie courants, le taux « normal » est de 35 % de la base de remboursement (65 % remboursés par la Sécu). Pour les médicaments, on trouve plusieurs niveaux : 40 %, 55 % ou 65 % de ticket modérateur selon le taux de remboursement du produit. Enfin, pour certains actes lourds (hospitalisation, chirurgie coûteuse), le ticket modérateur peut être ramené à 0 % lorsque vous êtes dans un régime d’exonération (ALD, maternité, accident du travail), même si la participation forfaitaire ou la franchise médicale restent dues.
Les majorations et pénalités financières en cas de parcours non respecté
Si vous ne respectez pas le parcours de soins coordonnés, le ticket modérateur est majoré. Concrètement, le taux de remboursement par l’Assurance Maladie est abaissé, ce qui augmente mécaniquement votre reste à charge. Par exemple, une consultation qui serait remboursée à 65 % dans le cadre du parcours peut tomber à 30 % hors parcours. Cette minoration s’applique à la base de remboursement, pas au tarif facturé, ce qui peut devenir très coûteux lorsque le spécialiste pratique des dépassements d’honoraires.
Ces pénalités financières ne concernent pas uniquement les consultations de spécialistes. Elles peuvent aussi s’appliquer à certains actes complémentaires (radiologie, biologie) prescrits hors parcours. Dans la pratique, cela signifie que vous payez plus cher l’ensemble de votre chaîne de soins si vous contournez systématiquement votre médecin traitant. Quelques catégories de patients restent toutefois protégées : les moins de 16 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS), les personnes en Affection de Longue Durée pour les soins liés à leur pathologie, ou encore les femmes enceintes à partir du 6ᵉ mois de grossesse pour les soins remboursables en lien avec la maternité.
Les taux de remboursement de la CPAM selon les catégories de soins
Le remboursement des soins par la Sécurité sociale dépend fortement de la catégorie de dépenses concernée. On ne vous remboursera pas de la même manière une consultation chez un généraliste, une prise de sang, une prothèse dentaire ou une boîte de médicaments. Pour chaque poste, la CPAM applique une base de remboursement spécifique et un taux de prise en charge défini réglementairement. Mieux comprendre ces différences vous permet de savoir à l’avance quels types de soins seront le plus fortement remboursés, et où votre mutuelle santé aura un rôle déterminant pour compléter la prise en charge.
Consultations médicales : secteur 1, secteur 2 et dépassements d’honoraires
Pour les consultations médicales, le secteur de convention du praticien joue un rôle clé dans votre remboursement. En secteur 1, le médecin applique strictement le tarif de convention fixé par l’Assurance Maladie. Pour un généraliste, la base de remboursement est par exemple de 30 € (en métropole, dans le cadre du parcours de soins), remboursée à 65 % soit 19,50 € (moins la participation forfaitaire de 2 €). Vous n’avez pas de dépassement d’honoraires dans ce cas, ce qui rend le reste à charge plus prévisible et plus facilement pris en charge par une complémentaire.
En secteur 2, les médecins sont conventionnés mais peuvent pratiquer des honoraires libres, avec des dépassements encadrés. L’Assurance Maladie continue de rembourser sur la base conventionnelle (par exemple 30 € pour un généraliste), sans tenir compte de la part au-dessus de ce tarif. Si votre médecin facture 60 €, la Sécu calcule toujours son remboursement sur 30 €, et les 30 € restants constituent un dépassement. C’est là que le niveau de garantie de votre mutuelle fait toute la différence : un contrat à 100 % BR remboursera simplement le ticket modérateur, tandis qu’un contrat à 200 % ou 300 % BR peut absorber tout ou partie de ces dépassements.
Enfin, les praticiens en secteur 3 (hors convention) fixent librement leurs tarifs, parfois très au-delà des montants conventionnels. Le remboursement de la Sécurité sociale se fait alors sur le tarif d’autorité, souvent dérisoire (quelques dizaines de centimes pour une consultation), laissant à votre charge presque l’intégralité des honoraires. Dans ce cas, même une excellente mutuelle ne comble généralement pas toute la différence, car la plupart des contrats limitent la prise en charge sur la base conventionnelle et non sur les tarifs d’autorité.
Actes techniques et biologiques : nomenclature CCAM et NABM
Les actes techniques (radiologie, chirurgie, gestes spécialisés) et les examens de laboratoire sont encadrés par deux grandes nomenclatures : la CCAM (Classification Commune des Actes Médicaux) et la NABM (Nomenclature des Actes de Biologie Médicale. Chaque acte est identifié par un code et une valeur monétaire de référence, qui sert de base de remboursement pour l’Assurance Maladie. C’est un peu comme un catalogue tarifaire officiel où chaque prestation a sa « fiche » avec un prix et un taux.
Pour les actes techniques, le taux de remboursement est le plus souvent fixé à 70 % de la base de remboursement, à condition que l’acte soit réalisé dans le cadre du parcours de soins coordonnés et prescrit par un médecin. Pour les examens de biologie médicale, le taux standard est généralement de 60 %, avec déduction de la participation forfaitaire de 2 € lorsque l’examen s’apparente à une consultation (prise de sang, analyse courante). Certains actes de dépistage ou de prévention (dépistage organisé du cancer, examens prénataux obligatoires) bénéficient d’une prise en charge à 100 %, sans ticket modérateur, car ils répondent à un enjeu majeur de santé publique.
Il existe aussi des actes dits « hors nomenclature », qui ne figurent ni dans la CCAM ni dans la NABM. Ils ne possèdent donc aucune base de remboursement, et la Sécurité sociale ne les prend pas en charge. C’est souvent le cas pour certains examens innovants, des tests de dépistage non reconnus ou encore certaines pratiques de médecine dite « de confort ». Selon votre contrat, votre mutuelle peut alors proposer un forfait spécifique, mais vous restez dans tous les cas plus exposé financièrement que pour des actes inscrits en nomenclature.
Dispositifs médicaux inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables
Les dispositifs médicaux (prothèses, fauteuils roulants, appareils auditifs, équipements d’orthopédie, etc.) sont encadrés par la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPP). Chaque produit inscrit sur cette liste est associé à un code et à un tarif de responsabilité qui sert de base de remboursement. Ce tarif peut être très éloigné du prix réellement facturé par le professionnel ou le fournisseur. C’est typiquement le cas en optique ou pour les prothèses dentaires : la base de remboursement reste faible par rapport au coût réel, d’où un reste à charge potentiellement élevé sans mutuelle adaptée.
Depuis la mise en place de la réforme 100 % Santé, une partie des dispositifs en optique, dentaire et audiologie fait désormais l’objet d’un reste à charge zéro pour l’assuré disposant d’une complémentaire responsable. Concrètement, si vous choisissez un équipement du « panier 100 % Santé », le prix est plafonné et entièrement pris en charge par la Sécurité sociale et votre mutuelle, dans la limite du tarif fixé. En dehors de ce panier, les remboursements suivent le schéma classique : la Sécu prend en charge un pourcentage du tarif LPP, et la mutuelle peut compléter sous forme de pourcentage ou de forfait annuel (par exemple 300 € pour des lunettes).
Pour les autres produits de la LPP (pansements, bas de contention, matériel médical à domicile…), les taux de remboursement varient généralement entre 60 % et 100 %, en fonction de l’utilité médicale et de la situation de l’assuré. Là encore, en cas de prise en charge à 100 % au titre d’une ALD ou d’un accident du travail, le ticket modérateur peut être supprimé, mais les éventuels dépassements sur le prix de vente restent à votre charge ou à celle de votre mutuelle.
Pharmacie : taux de remboursement par vignette et médicaments à service médical rendu
Le remboursement des médicaments obéit à une logique propre, fondée sur l’évaluation du Service Médical Rendu (SMR). Chaque spécialité pharmaceutique fait l’objet d’une analyse par la Haute Autorité de santé, qui détermine son utilité thérapeutique. Selon le SMR, l’Assurance Maladie applique différents taux de remboursement, généralement de 15 %, 30 %, 65 % ou 100 %. Les médicaments reconnus comme irremplaçables et particulièrement coûteux, notamment pour des pathologies graves, sont par exemple remboursés à 100 %.
Dans les faits, la majorité des médicaments courants sur ordonnance sont remboursés à 65 % de la base de remboursement. Les produits à SMR modéré ou faible ne sont pris en charge qu’à 30 % ou 15 %, voire plus du tout pour certains médicaments jugés insuffisamment efficaces. Vous payez alors la différence, ainsi que la franchise médicale de 0,50 € par boîte, plafonnée à 50 € par an. Votre mutuelle peut couvrir tout ou partie du ticket modérateur, mais ne peut légalement pas rembourser la franchise médicale, qui reste toujours à votre charge.
Les médicaments non remboursables (souvent ceux achetés sans ordonnance pour de l’automédication ou des traitements de confort) ne font l’objet d’aucune participation de la Sécurité sociale. Quelques contrats de complémentaire santé haut de gamme prévoient un petit forfait annuel pour ce type de dépenses, mais vous restez dans une logique de consommation libre et non de prise en charge obligatoire. Pour limiter vos frais de pharmacie, vous pouvez aussi donner systématiquement votre accord pour le remplacement par un médicament générique, dont la base de remboursement est similaire mais le prix souvent inférieur.
Le système du tiers payant intégral et partiel
Le tiers payant est un mécanisme qui vous évite d’avancer tout ou partie des frais de santé au moment de la consultation ou de l’achat. Au lieu de payer l’intégralité de la facture puis d’attendre le remboursement de la Sécurité sociale et de votre mutuelle, le professionnel de santé se fait régler directement par les organismes concernés. Concrètement, vous n’avez alors à payer que le reste à charge éventuel (participation forfaitaire, franchise, dépassements d’honoraires ou ticket modérateur non couvert par votre complémentaire).
On distingue le tiers payant partiel, où seule la part remboursée par la Sécurité sociale est dispensée d’avance de frais, et le tiers payant intégral, où la Sécu et la mutuelle règlent directement leurs parts respectives au professionnel. Le tiers payant est obligatoire dans plusieurs situations : pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS), pour les femmes enceintes à partir du 6ᵉ mois de grossesse, pour les soins en lien avec un accident du travail ou une maladie professionnelle, et pour certains dépistages organisés. Dans ces cas, vous n’avez généralement rien à payer, sauf dépassements non autorisés.
Dans la vie courante, vous rencontrez surtout le tiers payant à la pharmacie, chez le radiologue, à l’hôpital ou dans certains laboratoires d’analyses. De plus en plus de médecins libéraux proposent également le tiers payant sur la part Sécu, voire sur la part complémentaire lorsque vous présentez votre carte Vitale et votre carte de mutuelle. Pour en bénéficier au maximum, vérifiez que votre contrat de complémentaire santé inclut bien un service de tiers payant étendu et que votre carte est à jour, car une simple erreur de droits peut vous obliger à avancer les frais.
Les régimes d’exonération du ticket modérateur : ALD, maternité et AT-MP
Dans certains cas précis, l’Assurance Maladie prend en charge vos soins à 100 % de la base de remboursement, ce qui signifie que le ticket modérateur est supprimé. On parle alors de régimes d’exonération. Ils concernent principalement les Affections de Longue Durée (ALD), la maternité et les accidents du travail ou maladies professionnelles (AT-MP). Attention toutefois : même en cas de prise en charge à 100 %, certaines participations restent dues, comme la franchise médicale ou la participation forfaitaire, sauf exceptions expressément prévues.
La prise en charge à 100% des affections de longue durée selon la liste ALD30
Les Affections de Longue Durée regroupent des pathologies graves et chroniques nécessitant un traitement prolongé et coûteux : cancer, diabète, insuffisance cardiaque, sclérose en plaques, maladie de Parkinson, etc. La liste principale, dite ALD30, comprend 30 maladies clairement définies par décret. Lorsqu’une ALD est reconnue par le médecin conseil de l’Assurance Maladie, tous les soins en lien direct avec cette affection sont pris en charge à 100 % de la base de remboursement. Pour le patient, cela revient à supprimer le ticket modérateur sur un périmètre de soins parfois très large.
Comment cela se traduit-il concrètement pour vous ? Les consultations chez le spécialiste, les médicaments spécifiques, les examens de suivi, certains dispositifs médicaux et hospitalisations liés à votre ALD ne génèrent plus de reste à charge au niveau du ticket modérateur. En revanche, les soins qui ne sont pas directement rattachés à l’affection (une angine, une entorse, des lunettes de confort, etc.) restent remboursés dans les conditions habituelles. De plus, les franchises médicales et les participations forfaitaires (2 €, 24 €, forfait hospitalier) restent généralement applicables, même en cas de prise en charge à 100 % au titre d’une ALD.
Le forfait maternité et la couverture des soins prénataux et postnataux
La maternité bénéficie d’un régime de prise en charge particulièrement protecteur. Dès la déclaration de grossesse, certaines consultations et examens prénataux obligatoires sont remboursés à 100 % du tarif de convention. À partir du premier jour du 6ᵉ mois de grossesse et jusqu’à 12 jours après l’accouchement, l’ensemble des soins liés à la grossesse et à l’accouchement (même réalisés en ville) sont pris en charge intégralement par l’Assurance Maladie, toujours sur la base du tarif de référence. L’objectif est clair : éviter que des motifs financiers ne freinent le suivi médical d’une grossesse.
En parallèle, l’hospitalisation pour l’accouchement lui-même est couverte à 100 % du tarif conventionnel, y compris pour le forfait journalier hospitalier. Seuls d’éventuels dépassements d’honoraires (anesthésiste, gynécologue, chambre individuelle) peuvent rester à votre charge ou être pris en charge par votre mutuelle selon le niveau de garanties. Après la naissance, plusieurs actes de suivi postnatal, pour la mère comme pour l’enfant, bénéficient aussi d’un remboursement renforcé, voire intégral, notamment pour les examens de dépistage néonatal ou les visites obligatoires chez le pédiatre.
Les accidents du travail et maladies professionnelles : procédure de déclaration et remboursement
Les Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT-MP) forment un régime spécifique au sein de l’Assurance Maladie. Lorsque votre arrêt de travail ou vos soins sont reconnus comme liés à votre activité professionnelle, vos dépenses de santé sont alors prises en charge à un taux très avantageux : 100 % pour la plupart des soins médicaux et 150 % de la base de remboursement pour certains actes et dispositifs. Le ticket modérateur est alors supprimé, et vos frais de santé en lien avec l’accident ou la maladie professionnelle sont très largement couverts.
Pour bénéficier de ce régime, il est impératif de respecter la procédure de déclaration. En cas d’accident, vous devez informer votre employeur dans les 24 heures (hors cas de force majeure), qui se charge ensuite de faire la déclaration à la CPAM. Pour une maladie professionnelle, un formulaire spécifique doit être rempli, accompagné de certificats médicaux justifiant le lien entre votre pathologie et votre travail. Une fois la prise en charge AT-MP reconnue, toutes les feuilles de soins liées porteront la mention adéquate, ce qui permettra un remboursement à 100 % sans ticket modérateur. Là encore, seules certaines participations forfaitaires peuvent subsister, et les éventuels dépassements d’honoraires ne sont pas systématiquement couverts.
Le délai de traitement et de versement des remboursements par la CPAM
Une fois vos soins réalisés, combien de temps faut-il pour que la Sécurité sociale vous rembourse ? En règle générale, lorsque la feuille de soins est transmise de manière électronique via la carte Vitale, le délai de remboursement est compris entre 3 et 7 jours ouvrés. Le versement se fait directement sur votre compte bancaire, dont le RIB a été communiqué à la CPAM lors de votre affiliation. Vous recevez ensuite un relevé de remboursement (ou décompte) consultable en ligne sur votre espace Ameli ou envoyé par courrier selon vos préférences.
Lorsque la feuille de soins est encore au format papier (par exemple chez certains professionnels non équipés, ou en cas d’oubli de la carte Vitale), les délais sont plus longs. Il faut compter généralement de 2 à 4 semaines, le temps que la CPAM reçoive le document, le numérise et traite la demande. Des retards peuvent également intervenir si vos droits ne sont pas à jour (Carte Vitale expirée, changement de situation non signalé, absence de RIB valide). Pour accélérer le processus, il est donc essentiel de tenir à jour votre dossier administratif et de privilégier la carte Vitale dès que possible.
La télétransmission des feuilles de soins électroniques via le système SESAM-Vitale
Au cœur du remboursement moderne des soins par la Sécurité sociale se trouve le système SESAM-Vitale. Il s’agit d’un dispositif de télétransmission sécurisé qui permet aux professionnels de santé d’envoyer directement vos feuilles de soins à votre CPAM, sans passer par le papier. En pratique, vous insérez votre carte Vitale dans le lecteur du cabinet médical ou de la pharmacie, le professionnel valide les actes réalisés, et la demande de remboursement part automatiquement vers l’Assurance Maladie. C’est ce qui explique les délais de paiement très courts pour la majorité des soins aujourd’hui.
Le fonctionnement de la carte vitale et des droits rattachés au NIR
La carte Vitale est la clé d’entrée du système SESAM-Vitale. Elle contient les informations essentielles à votre identification et à la prise en charge de vos soins : votre Numéro d’Inscription au Répertoire (NIR), votre régime d’affiliation, votre caisse de rattachement, ainsi que certains droits particuliers (ALD, CSS, exonérations éventuelles). Lorsqu’un professionnel lit votre carte, il récupère ces données pour les intégrer à la feuille de soins électronique. Le NIR, plus connu sous le nom de « numéro de Sécurité sociale », permet de vous identifier de façon unique dans tout le système de santé.
Pour que vos remboursements soient corrects et rapides, il est crucial que les informations contenues sur votre carte Vitale soient à jour : changement d’adresse, de situation professionnelle, de médecin traitant ou d’ouverture de droits à une ALD doivent être signalés à la CPAM. Vous pouvez mettre à jour votre carte dans les bornes automatiques présentes en pharmacie ou dans les agences d’Assurance Maladie, idéalement une fois par an ou à chaque changement majeur de situation. Une carte Vitale non mise à jour peut entraîner des erreurs de taux de remboursement ou des blocages temporaires de la télétransmission.
Le processus de traitement automatisé des décomptes par NOEMIE
Une fois la feuille de soins électronique reçue via SESAM-Vitale, la CPAM la traite grâce à un système d’échanges normés appelé NOEMIE (Norme Ouverte d’Échanges Maladie avec les Intervenants Extérieurs). Ce protocole standardisé permet un traitement automatisé des décomptes de remboursement et, surtout, la transmission fluide des informations vers votre organisme complémentaire. Autrement dit, dès que la Sécu vous rembourse, elle envoie simultanément un flux d’informations à votre mutuelle pour qu’elle complète, le cas échéant, la prise en charge.
Pour que cette chaîne fonctionne sans accroc, la télétransmission Noémie doit être activée entre votre CPAM et votre mutuelle. Cette activation se fait généralement lors de la souscription de votre contrat de complémentaire santé : vous fournissez votre numéro de Sécurité sociale et la mutuelle se charge de mettre en place la liaison. Quand tout est en place, vous n’avez plus besoin d’envoyer vos décomptes papier à votre mutuelle ; les remboursements complémentaires arrivent automatiquement sur votre compte bancaire, quelques jours après ceux de l’Assurance Maladie.
La consultation du relevé de remboursement sur ameli.fr et l’application mobile
Pour suivre vos remboursements, vérifier la bonne prise en charge de vos soins et garder une trace de vos dépenses de santé, vous disposez de l’espace en ligne Ameli.fr et de l’application mobile Ameli. Dès qu’un remboursement est effectué, un relevé détaillé est disponible dans votre compte : nature de l’acte, date, professionnel consulté, base de remboursement, part prise en charge par la Sécurité sociale, et reste à charge éventuel. Ces informations vous permettent de contrôler que les montants débités sur votre compte bancaire correspondent bien aux soins réalisés.
Sur l’application mobile, vous pouvez également télécharger vos attestations de droits, consulter vos paiements d’indemnités journalières, suivre vos demandes en cours (ALD, CSS, carte Vitale), ou encore envoyer des documents via la messagerie sécurisée. Cet outil devient un véritable tableau de bord de votre relation avec la Sécurité sociale. Combiné aux espaces en ligne proposés par de nombreuses mutuelles, il vous donne une vision globale de la prise en charge de vos soins et vous aide à mieux anticiper votre reste à charge avant de vous engager dans des traitements coûteux ou des interventions programmées.